
“Dans une contrée aux collines rugueuses, soufflées par les vents froids, vivait un prince. Un jour qu’il parcourait son royaume à cheval, une tempête se leva. La neige se mit à danser, formant un épais brouillard, tandis que les arbres se penchaient, essayant de laisser passer au dessus d’eux la colère des nuages. Le prince et son cheval furent malmenés, bousculés, subissant les aléas du vent et de la pluie
– si seulement je partais loin d’ici, dans un pays aux douces vallées et au soleil éclatant, maudissait le prince
Au bout d’un long moment à chercher en vain son chemin dans le voile du mauvais temps, il se retrouva au coeur d’une clairière. Les arbres autour faisaient une ronde et le vent se calma. Au travers des gouttes de pluie, il leva son regard vers le ciel. C’est là qu’il la vit, cette trouée lumineuse au milieu du noir des nuages. C’était une étincelle, une lueur fragile. C’était la beauté sensible du Monde.
Alors, il se pencha délicatement vers l’oreille de son cheval et lui chuchota :
– Pas besoin d’aller de l’autre côté de la Terre. Tout est ici ! “
C’est ainsi que la cime de l’arbre devint le sommet de la montagne, les nuages devinrent la mer et le bout du monde, le bout de son coeur.