Author name: Mbembé Anne Sauvin

Phronesis ou l’art d’oser la liberté

Et voici que je vous parle de phronésis … Phronésis, une “disposition accompagnée de règle vraie, capable d’agir dans la sphère de ce qui est bon ou mauvais pour un être humain” (Aristote –Ethique à Nicomaque)

En fait la Phronésis est la philosophie de la prudence tout en étant capable de percevoir ce qui est bon pour nous-même et bon pour l’humain en général. Cela revient à se relier à notre profonde humanité, car c’est avant tout l’art de la décision et de la mise en mouvement. Nous sommes aujourd’hui dans un monde qui a oublié totalement cette sagesse antique, un monde où le risque n’est pas acceptable. La tétanie généralisée est bien installée dans le grand fauteuil de la stagnation. Mieux vaut ne pas oser….

Et voici que je vous parle de phronésis chamanique… Une tension vers le choix de notre direction, de notre profonde créativité. Je ne peux dissocier le processus chamanique de cette merveilleuse prise de risque connectée à la sagesse du coeur. Alors pourquoi ne pas revêtir le costume du phronimos et oser l’expérience, le temps d’une transe, d’un rituel, d’une pratique ? Pourquoi ne pas réapprendre l’art du risque et de l’aventure réfléchie ?

Peut-être est-ce un acte de résistance que de ne pas rester paralysé par le savoir, de se lancer dans l’incertain et dépasser les fantasmes. Peut-être est-ce se lancer dans l’art délicat de la transe?

Le processus chamanique est certainement l’art d’oser la liberté.  

Vision

Une fois…

“Dans une contrée aux collines rugueuses, soufflées par les vents froids, vivait un prince. Un jour qu’il  parcourait son royaume à cheval, une tempête se leva. La neige se mit à danser, formant un épais brouillard, tandis que les arbres se penchaient, essayant de laisser passer au dessus d’eux la colère des nuages. Le prince et son cheval furent malmenés, bousculés, subissant les aléas du vent et de la pluie

– si seulement je partais loin d’ici, dans un pays aux douces vallées et au soleil éclatant, maudissait le prince

Au bout d’un long moment à chercher en vain son chemin dans le voile du mauvais temps, il se retrouva au coeur d’une clairière. Les arbres autour faisaient une ronde et le vent se calma. Au travers des gouttes de pluie, il leva son regard vers le ciel. C’est là qu’il la vit, cette trouée lumineuse au milieu du noir des nuages. C’était une étincelle, une lueur fragile. C’était la beauté sensible du Monde.

Alors, il se pencha délicatement vers l’oreille de son cheval et lui chuchota :

 – Pas besoin d’aller de l’autre côté de la Terre. Tout est ici ! “

C’est ainsi que la cime de l’arbre devint le sommet de la montagne, les nuages devinrent la mer et le bout du monde, le bout de son coeur.

Déambulation
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